CHRONIQUE: Quelques urbanités du samedi...

Publié par Alexandre Gagné  |  à  6/14/2014 05:00:00 PM Non commenté

Source: 24 Heures
Le phénomène "Hidden Cash" est arrivé à Montréal il y a une dizaine de jours après avoir fait la manchette aux États-Unis. "Hidden Cash" ou le trésor caché c'est un mec plein aux as qui décide de redonner généreusement à son prochain dans le cadre d'un jeu: un indice via Twitter pour trouver une enveloppe cachée dans la ville.

Une chronique d'Alexandre Gagné | Montréal

Chez nos voisins du Sud, le concept a fait tout un carton. Ici, le compte Twitter @hiddencashMtl est apparu sur la toile le 3 juin et trois premiers "drop" d'argent, des billets de 100$, ont été fait dans la ville faisant du même coup trois heureux.


Puis, plus rien. L'individu derrière ce compte semble avoir été dépassé par l'engouement des Montréalais au point de lancer un appel à la sécurité.


Déjà, près de 11 000 personnes suivent ce généreux donateurs sur son compte Twitter. De nombreux organismes de bienfaisance ont interpellé l'homme pour qu'il verse son argent à leur organisme plutôt que de faire courir les gens aux quatre coins de Montréal. Pour l'heure, il semble que le mystérieux donateur fasse des consultations question de s'assurer que son geste ne provoque pas d'incidents malheureux. On ne sait pas encore quand il fera un prochain heureux d'un jour...


Les pics de la honte...

Au cours de la dernière semaine, il a beaucoup été question d'itinérance à Montréal avec cette histoire de "pics anti-itinérance" qui avait été installés autour de l'immeuble du magasin Archambault coin Berri et Ste-Catherine à Montréal. En fait, ces pics étaient là depuis un bon moment déjà, mais il a fallu qu'on y porte attention et qu'on signale l'affaire au maire Denis Coderre pour que cela prenne des proportions. Il faut dire que cette histoire est d'abord née en Europe où des pics similaires ont été dénoncés à Londres. Une recherche à Montréal a permis d'en trouver également.
Photo: A. Gagné

Le problème a-t-il bien été soulevé ? Ces pics visaient essentiellement à empêcher les flâneurs en tout genre de s'asseoir devant le commerce. Or, il se trouve que l'établissement est devant Émilie-Gamelin, le parc le plus fréquenté à Montréal par les itinérants. Le lien était évidemment facile à faire. Ce genre de dispositif urbain n'est cependant pas nouveau dans la métropole. Une visite d'autres endroits dans la ville nous montre que les architectes du mobilier urbain ont déjà pensé à la façon de limiter le flânage dans l'espace public.

Devant l'université Concordia, boulevard de Maisonnneuve, on retrouve des bancs publics avec une barre métallique qui empêche les gens (et peut-être aussi les itinérants) de s'y coucher. Au surplus, on a aussi installé des barres plus petites sur les murets de béton pour empêcher le même type de geste. Est-ce que ce dispositif a été dénoncé ? Non, pas encore.

On pourrait aussi y voir une façon d'empêcher les amateurs de planche à roulettes d'utiliser ce mobilier comme un espace de jeux. Personne n'a visiblement (du moins je n'ai rien aperçu) pas soulevé l'existence de ce mobilier urbain dans le débat de la semaine dernière qui a permis au maire Coderre de prendre le haut du pavé avec cette histoire.

Dans la plupart des villes, tous sont d'avis que l'espace public ne doit pas devenir un lieu d'occupation permanente et c'est pourquoi l'utilisation d'un mobilier adapté permet d'éviter le flânage urbain. De nombreuses villes européennes intègrent déjà ce principe dans leurs aménagements.

Cette histoire rappelle combien il peut être facile de verser dans le sensationnalisme et la désinformation. Le recours à des géographes et à des architectes aurait permis, dans les médias, de mettre en perspective cette fausse crise d'un jour...


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