Flambée en Amérique du Nord du virus D68.

Publié par Alexandre Gagné  |  à  9/15/2014 10:02:00 PM Non commenté

C'est le nouveau nom de code de l'heure qui fait peur. Le virus D68 s'est propagé rapidement aux États-Unis, a gagné l'Alberta et l'Ontario et frappe aux portes du Québec, s'il n'y est pas déjà. Retour sur un virus connu qui fait un étonnant retour cette année.

Par Alexandre Gagné

L'affaire débute au milieu du mois d'août dernier. Le 18 août, une infection est signalée au Colorado. Puis, de jeunes Américains sont amenés dans les hôpitaux de Kansas City au Missouri. Ils souffrent d'un mal qui, au départ, à toutes les allures d'un simple rhume, cette infection respiratoire banale. Mais rapidement, le nombre élevé de malades qui arrivent dans les centres de santé déclenche la suspicion chez les professionnels de la santé. Dans certains cas, devant la gravité de la situation, des malades sont placés dans les unités de soins intensifs. Des prélèvements sont effectués chez quelques malades et envoyés pour analyse.

Entre-temps, la situation s'aggrave. L'afflux de personnes aux prises avec les mêmes symptômes s'accroît de jour en jour. Puis, le 29 août, après avoir reçu les résultats des analyses, le Département de la santé du Missouri lance l'alerte: une éclosion importante d'infections respiratoires provoquées par l'entérovirus D68 a lieu dans l'état.

Extrait du communiqué d'alerte
Source: Département de santé du Missouri

Dans son communiqué, le directeur du département, Gail Vasterling, indique que l'hôpital pédiatrique de Kansas City a enregistré plus de 300 cas, dont 15% ont conduit des enfants, de 6 mois à 16 ans,  à être placés aux soins intensifs. Situation similaire dans les hôpitaux de St. Louis. Pas de victimes pour le moment, mais dans tous les cas le coupable est l'entérovirus D68.

Un portrait de la menace
L'entérovirus D68 a été isolé et nommé pour la première fois en Californie en 1962 chez quatre enfants qui souffraient de bronchiolite ou d'une pneumonie. Le virus D68 a cependant été peu rapporté depuis, restant marginal. Entre 2009 et 2013, seuls 79 cas ont été enregistrés aux États-Unis. Au Canada, la santé publique signale 82 cas en 15 ans.

Le virus fait partie de la grande famille des entérovirus qui sont des virus très communs. Il existe une centaine de types d'entérovirus dans le monde. Chaque année aux États-Unis, on estime qu'il y a de 10 à 15 millions d'infections, mais la majorité des personnes touchées n'ont que peu ou pas de symptômes. Mais le D68 n'est pas très connu. Il a peu été étudié depuis 1962 car il n'avait jamais vraiment posé un risque pour la santé publique.

Le plus connu des entérovirus est celui à l'origine de la poliomyélite qui a longtemps fait des ravages dans les campagnes avant la vaccination provoquant des paralysies souvent faciales chez les individus infectés et non traités. Au Canada, la polio a été déclarée éradiquée en 1994. Selon les experts, le virus aujourd'hui en cause, le D68, serait un virus non-polio donc sans risque de provoquer les mêmes conséquences.

Par contre, le problème avec ce type de virus, c'est qu'il est considéré comme étant très résistant. Ce virus n'a pas d'enveloppe autour de son noyau. Ces entérovirus sont appelés des virus nus. Les experts indiquent qu'ils sont plus résistants que les autres. Les entérovirus peuvent persister de quelques jours à 5 mois dans l'eau du robinet, la mer ou le sol. Ils résistent mieux à la chloration et aux autres traitements des eaux que les bactéries, comme les coliformes.

Source: Francetvinfo.fr
La transmission se fait essentiellement par la toux et les éternuements ou quand quelqu'un touche une surface infectée, comme le virus peut y vivre longtemps. Pour le moment, il n'existe pas de vaccin et encore moins de traitement contre le D68. Si l'infection respiratoire dégénère en d'autres complications, celles-ci pourront sans doute être contrôlées médicalement.

La propagation
Actuellement, au moins 10 états américains signalent des cas confirmés d'infection à l'entérovirus D68. D'autres foyers de la maladie ont aussi été rapportés au Japon ainsi qu'aux Philippines.

Au Canada et au Québec
Le virus serait déjà très actif dans l'ouest du pays. En Alberta, les autorités de la santé signalent une augmentation des cas d'infection respiratoire, selon Radio-Canada. 18 cas ont été confirmés, ce lundi, dans cette province. En Ontario, les hôpitaux signalent aussi une hausse des visites pour des symptômes similaires. C'est notamment le cas à Windsor, même si les analyses pour confirmer la présence de D68 ne sont pas complétées.

Au Québec, l'Hôpital de Montréal pour enfants constate une hausse inhabituelle d'enfants admis pour des problèmes respiratoires. Les expertises sont en cours et la santé publique de Montréal suit la situation de près.

Précautions
Comme le virus est très résistant, le nettoyage fréquents des surfaces sera nécessaire notamment dans les centres de la petite enfance et garderies. La situation pourrait aussi être problématique dans les écoles au cours des prochaines semaines. Fort à parier que le nombre d'absences sera en hausse dans les établissements scolaires et inévitablement dans les milieux de travail en raison de cette flambée infectieuse dont la source n'a toujours pas été identifiée.

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Sources:
Département de santé du Missouri
Faculté de médecine, Pierre et Marie Curie, France
CDC Atlanta
FranceTV Info
Le Figaro
AvianFlu Diary
Sciences et Avenir
Ottawa Citizen
Radio-Canada
Journal de Montréal


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