Une fausse nouveauté !

Publié par Alexandre Gagné  |  à  4/12/2015 12:16:00 AM Non commenté

Source: Radio-Canada
L'information est présentée comme une «nouveauté» en 2015, mais en fait on en parle déjà dans le monde depuis 4-5 ans sans compter que la technique employée remonte en réalité à une vieille pratique datant du Moyen Âge. Retour en arrière.

par Alexandre Gagné

C'est Radio-Canada, dernier média en date, à parler de cette «nouvelle» façon de disposer des corps. Fini la crémation, voilà que l'aquamation serait la voie de l'avenir. La technique consiste à plonger la dépouille dans un bassin d'eau bouillante à laquelle on ajoute du sodium (du bon vieux sel de mer) et du potassium.

Le reportage de Radio-Canada arrive 10 jours après un article du Granby Express sur le sujet.

À travers le monde, on parlait déjà de cette technique en novembre dernier comme «la mort écologique» sur le site Natura-Science.com. En 2011, le site belge 7sur7 évoquait aussi ce procédé d'immersion comme solution à l'émission de CO2 dans l'atmosphère.

APPEL À L'HISTOIRE
La technique décrite dans tous ces reportages ne date pas d'hier. Elle remonte en réalité à une ancienne pratique du Moyen Âge. Nous en avons des traces aujourd'hui dans le récit entourant la mort du roi Dagobert. Oui, celui-là même qui a mis ses culottes à l'envers comme la popularisée la chanson apparue lors de la Révolution française.

En 638, le roi Dagobert a tout juste 35 ans, mais paraît d'en avoir 80. Très maigre, déjà grisonnant, c'est un roi malade. Il souffre depuis des années d'inflammation de l'intestin et a souvent des hémorragies anales conséquences d'hémorroïdes. Les médecins pratiquent des saignées au bras. C'est la pratique du temps, mais cette méthode affaiblie le malade.

En octobre de cette année-là, Dagobert souhaite se rendre sur les lieux de la transformation de l'église Saint-Denis en basilique ordonnée par le roi, très pieux. Toujours très faible, on amène le roi dans un char tiré par deux boeufs. Rapidement, il est ramené dans sa demeure d'Ipinacum (aujourd'hui Épinay) où il rédigera son testament.

Le 19 janvier 639, le bon roi Dagobert est retrouvé mort dans son lit. L'Église veut organiser des funérailles exceptionnelles au roi, car il a généreusement contribué à l'essort de la chrétienté en France pendant son règne, mais certaines têtes pensantes croient qu'il ne méritent pas un tel hommage en raison de sa vie mouvementé. Le roi a eu trois femmes, deux maitresses connues, sans compter des aventures avec des servantes, des esclaves et des dames du palais.

L'abbé de l'église Saint-Denis où souhaite être inhumé le roi passe outre devant les critiques et ordonne qu'on amène le corps du roi.

Comme le veut la méthode d'embaumement en vigueur à l'époque, des hanouards ou porteurs de sel d'Épinay vont saler la dépouille du roi avant de la faire bouillir. Ce sont eux les embaumeurs des rois de l'époque. Une technique qui va perdurer en France pendant très longtemps.

Finalement, les restent de Dagobert seront transportés à Saint-Denis où une somptueuse cérémonie se déroule.

1000 ans plus tard, la technique revient à la mode. Décidément, l'Histoire se répète...

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