Fouilles archéologiques dans Côte-des-Neiges

Publié par Alexandre Gagné  |  à  5/26/2015 09:59:00 PM Non commenté

Photo: A. Gagné
Des recherches archéologiques sont en cours depuis quelques semaines dans le cimetière Côte-des-Neiges à Montréal, en bordure du chemin du même nom. Les travaux, qui se poursuivront encore un mois, sont menés par des étudiants en archéologie sous la direction d'un professeur-archéologue de l'Université de Montréal.

Les fouilles qui bénéficient d'un soutien financier de 90 000$ de la Ville de Montréal se déroulent sur le site de l'ancienne ferme Beaubien et visent à tenter de mettre au jours des objets pouvant témoigner de la vie des premiers habitants du secteur à la toute fin du 17e siècle. Retour en arrière.

Reportage par Alexandre Gagné

Nous sommes en 1698. Cela fait à peine 56 ans que Montréal est fondée. Les 1500 habitants vivent surtout concentrés dans l'actuel Vieux-Montréal. L'insécurité est omniprésente. Les attaques des Iroquois sont fréquentes, mais pourtant Montréal veut se développer.

De l'autre côté de la montagne, c'est essentiellement la forêt. Du lac des Castors sur le Mont-Royal coule dans le trajet de l'actuel chemin Côte-des-Neiges le ruisseau Raimbault. L'endroit est aussi une route amérindienne connue vers la Rivière-des-Prairies. Pour preuve, en 2007, des ossements amérindiens datants environ de l'an 1000 ont été trouvés sur le chemin Queen-Mary, devant le Collège-Notre-Dame, en bordure du ruisseau.

Le 8 avril 1698, à la demande du supérieurs des Sulpiciens, Dollier de Casson, l'arpenteur du roi Gédéon de Catalogne se rend de l'autre côté de la montagne pour mesurer et borner 34 lots sur la terrasse du versant nord-ouest du Mont-Royal.

C'est sur cette terrasse que se déroulent aujourd'hui les fouilles archéologiques.

Le tracé des terrains est fait de façon perpendiculaire au ruisseau qui se déverse dans la Rivière-des-Prairies tout près de l'actuel hôpital du Sacré-Coeur, boulevard Gouin. Cette disposition unique des lots est toujours visible, avec un peu d'attention, dans la trame urbaine du quartier Côte-des-Neiges.

Photo: A. Gagné
Rapidement après le travail de l'arpenteur, une trentaine de censitaires s'établissent au pied de la montagne. Les Sulpiciens vont faire construire un moulin à farine. Sur cette terrasse en bordure du ruisseau et au pied de la montagne où l'irrigation naturelle est bien présente, les sols sont fertiles. C'est le paradis pour ces premiers cultivateurs.

En 1701, la Grande Paix de Montréal est signée entre la France, représentée par Hector de Callière, et les 39 nations amérindiennes. Un tournant dans les relations franco-amérindiennes. Un traité qui va ramener le calme autour de Montréal et permettre «l'étalement urbain».

Le nouveau secteur prendra très vite son envol. Dès 1737, des tanneurs vont s'installer le long du ruisseau pour faire de la fabrication du cuir la plus importante industrie du lieu. On parlera du quartier...comme du village des tanneurs.

LA FAMILLE BEAUBIEN
Les fouilles archéologiques se déroulent à l'emplacement où la célèbre famille Beaubien possédait une ferme. Célèbre ? Oui. Parmi les grands propriétaires terriens de ce secteur, on retrouve Pierre Beaubien. Médecin et député de Montréal en 1843 et 1844, Beaubien est un membre en vue de l'élite montréalaise. Il possède de vastes terres autour du Mont-Royal, à Côte-Sainte-Catherine, Côte-Saint-Louis et sur notre site de Côte-des-Neiges.

Trois ans avant sa mort en 1881, il cède le tout à son fils Louis qui va contribuer à développer la ville d'Outremont et marquer l'histoire du secteur.

C'est donc sur les traces du passé, des Amérindiens à aujourd'hui, que les archéologues creusent le sol à la recherche du moindre indice. Le terre a commencé à passer au tamis. Plusieurs puits de fouille seront creusés d'ici la fin juin. Puis, ce sera le temps d'analyser la récolte et de produire un rapport qui devrait livrer, peut-être, les secrets du lieu en 2016.

AJOUT
Le chroniqueur urbain Hugo Lavoie de Ici Radio-Canada Première s'est rendu sur le site des fouilles. On voir et écouter son reportage ici.

Depuis ce texte et le reportage de Hugo Lavoie, les fondations de la ferme Beaubien ont été localisées par l'équipe d'archéologues. À suivre...


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