Alerte aux bactéries multirésistantes

Publié par Alexandre Gagné  |  à  7/01/2016 10:34:00 PM Non commenté

Entérobactéries
**Mise à jour en fin d'article**
Une augmentation des cas de bactéries résistantes aux antibiotiques force la direction de la santé publique à émettre un nouvel appel à la vigilance dans les hôpitaux de la province. 

par Alexandre Gagné

Source: DSP
Dans un mémo interne destiné au personnel médical, la Direction de la santé publique (DSP) lance une mise en garde concernant une recrudescence de cas d'entérobactéries productrices de carbapénèmases (EPC) dans les hôpitaux montréalais.

Du 1er avril au 27 juin, 28 cas ont été rapportés contre seulement 10 l'an dernier. Une augmentation suffisante pour inquiéter les autorités de la santé, car 23 des 28 cas impliquent un type de bactérie responsable de sévères pneumonies. Dans le mémo, la DSP ne précise toutefois pas s'il y a eu des décès parmi les cas recensés.

Quelles sont ces bactéries ?
Les entérobactéries en cause sont connues depuis longtemps et provoquent fréquemment des infections dans les établissement de santé. Elles sont dans la famille des bactéries coliformes.

On les appelle entérobactéries productrices de carbapénèmases, car ces bactéries ont développé la capacité de résister aux carbapénèmes, des antibiotiques obtenus à partir de la streptomycine, ce puissant antibiotique découvert en 1943 qui a permis de lutter contre la tuberculose et la peste.

Les carbapénèmes sont des antibiotiques à large spectre antibactérien, ce qui a fait en sorte qu'ils sont très utilisés pour combattre diverses infections. Ces carbapénèmes constituent aussi le dernier antibiotique efficace capable de traiter les bactéries multirésistantes.

Quand cela ne fonctionne plus ou pas, les spécialistes doivent alors utiliser des antibiotiques plus vieux, souvent moins efficaces et avec plus d'effets secondaires. L'un de ceux là est la colistine, un antibiotique découvert au Japon en 1950 qui présente des risques très élevés d'entrainer une insuffisance rénale et des troubles neuropsychiques.

Les infections causées par des EPC sont à prendre très au sérieux car la mortalité peut dépasser les 50%, selon une étude réalisée sur le sujet en 2012. Au surplus, avec le temps, les entérobactéries se sont transformées et dans certaines régions du monde des variantes agressives sont apparues, notamment en Inde.

Actuellement dans le monde, la Grèce et l'Italie connaissent des problèmes constants avec les EPC. On parle même de situation endémique dans ces pays. Des augmentations sont aussi signalées aux États-Unis, en Angleterre et ailleurs en Europe.

Dans son appel à la vigilance, la DSP demande donc au personnel médical de rehausser son niveau de surveillance et d'appliquer une série de mesures pour dépister les cas, les isoler et appliquer le traitement nécessaire.

 ***Mise à jour du 12 août 2016***
Dans un nouveau communiqué diffusé aujourd'hui, la Direction régionale de santé publique (DRSP) indique que le nombre de cas observés d'entérobactéries productrices de carbapénèmases (EPC) dans les hôpitaux montréalais est toujours en hausse.

Depuis le 27 juin, 33 nouveaux cas ont été rapportés pour un total de 61 cas signalés depuis le premier avril dernier. La DRSP juge cette augmentation très «préoccupante» d'autant que dans 65% des cas «l'acquisition est d'origine nosocomiale».

Les autorités ont renouvelé leur appel à la vigilance afin de mieux suivre les patients malades et éviter la propagation de l'infection.


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