Flambée de cas d'oreillons au Québec

Publié par Alexandre Gagné  |  à  1/07/2017 04:48:00 PM Non commenté

Virus des oreillons
La Santé publique de la région de Montréal prolonge d'un mois son appel à la vigilance après l'apparition de plusieurs cas d'oreillons dans le sud-ouest de la province en décembre. Le point sur la situation.

par Alexandre Gagné

C'est une maladie presque éradiquée par la médecine moderne qui fait un retour en force cette année au Québec. Au début de décembre, les autorités de la santé publique ont été avisées par deux hôpitaux, celui de Fleurimont et l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke, que des travailleurs de la santé avaient contracté l'infection très contagieuse.

Puis, le 23 décembre, on apprend qu'une personne qui a contracté la maladie a fréquenté des «milieux de soins» en plus de participer à un événement festif. Des déplacements suffisamment importants pour que la Santé publique décide d'alerter le public.

Puisque l'infection met entre 12 et 25 jours à se déclarer, les autorités décident alors de mettre en garde la population jusqu'au 7 janvier. Or, voilà que dans une mise à jour de son avertissement publiée ce 6 janvier, la Santé publique réitère son appel à la vigilance, cette fois jusqu'au 1er février.

Le communiqué précise que «depuis novembre 2016, plusieurs cas d'oreillons sont survenus à Montréal et dans d'autres régions, dont la Montérégie, Laval et l'Estrie».

Quels sont les symptômes ?

La maladie est qualifiée de très contagieuse. Elle se transmet par contact avec la salive ou les sécrétions respiratoires. Les oreillons provoquent une légère fièvre d'un jour ou deux et une inflammation des glandes parotides de chaque côté du visage près des oreilles d'où le nom de cette maladie.

Généralement, pour une personne en bonne santé, les oreillons ne causent pas de problèmes majeurs et la maladie se résorbe d'elle-même. Mais le problème, c'est que les oreillons entraînent souvent des complications avec des séquelles quasi permanentes d'où l'intérêt de la Santé publique d'être aux aguets:
«[...] certaines complications peuvent arriver dont la méningite (10 %), une inflammation des testicules (20 à 30 % chez les hommes pubères) ou des ovaires (5 % chez les femmes pubères). Plus rarement, les oreillons provoquent une pancréatite (2 à 5 % des cas), une encéphalite (1 à 2 cas sur 10 000), la surdité (1 cas sur 20 000), de l'arthrite ou une inflammation de la glande thyroïde. La maladie peut entraîner une fausse couche chez les femmes enceintes au premier trimestre.»

Retour dans le temps...

Les oreillons est une maladie très ancienne. Connue depuis l'Antiquité, elle a pris des proportions épidémiques au cours des 18e et 19e siècle. Une des premières descriptions de la maladie revient au grec Hippocrate qui a décrit, 500 ans avant Jésus-Christ, les symptômes du mal à savoir «un gonflement du visage et de la gorge ainsi que le gonflement des testicules de certains hommes malades».

Le vaccin contre les oreillons est l'oeuvre du médecin américain Maurice Hilleman. Il a été utilisé à partir de 1969 aux États-Unis et au Canada. Avant cette date, entre 10 000 et 50 000 cas d'oreillons étaient enregistrés chaque année au pays. Étrangement, la maladie revient partout en force en suivant un cycle de recrudescence de 4 à 8 ans.

Source: Santé Canada
Avec la vaccination obligatoire contre le trio «rougeole-rubéole-oreillons» mise en place dans les années 1970, la maladie a considérablement diminué même que de 1959 à 1986, elle n'était plus une maladie à déclaration obligatoire (MADO). Pour cette raison, les données sur l'infection sont très parcellaires durant cette période.

Quand il y a eu une flambée d'oreillons au milieu des années '80, la maladie est revenue sur la liste des MADO. À ce moment, d'après la chercheuse Helen Trottier, l'incidence des oreillons avait chuté à 509 cas par année au Canada entre 1986 et 1995.

En 1996, les autorités, déterminés à en finir avec la maladie, ont adopté un nouveau programme d'immunisation comprenant deux doses. Ainsi, entre 1996 et 2000, seulement 200 cas ont été rapportés au Canada.

Malgré cela, des pics épidémiques continuent de se produire dans le monde comme ce fut le cas à Montréal d'octobre 1998 à mars 1999. La dernière éclosion d'importance remontait à 2010 avec quelque 674 cas répertoriés au Québec, d'après La Presse. L'éclosion avait débuté aux États-Unis dans la communauté juives hassidiques avant de se répandre au Québec au sein du même groupe, selon la Santé publique.

La majorité des cas récents sont signalés chez des jeunes n'ayant souvent reçu qu'une seule dose du vaccin.

Les États-Unis ont aussi connu une année 2016 occupée avec plus de 3000 cas rapportés contre un millier l'année précédente.

En dépit des efforts de vaccination, la population n'est donc pas à l'abri d'épidémies sporadiques d'oreillons. La surveillance constante de la maladie dans les milieux médicaux et le suivi de la double vaccination auprès de population à risque constituent encore aujourd'hui les moyens efficaces pour réduire l'incidence de cette maladie.


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