Cohorte 2017-2018: La génération Snapchat arrive à l'école

Publié par Alexandre Gagné  |  à  4/04/2017 01:15:00 PM Non commenté

La rentrée scolaire 2017 marquera l'arrivée au primaire des enfants nés en 2011, année où Snapchat a fait ses débuts dans l'univers du numérique. À l'ère de la génération Snapchat, l'école québécoise n'a plus le choix de se transformer. Décryptage.

par Alexandre Gagné

2011 au Québec. 88 618 enfants sont nés dans la province. C'est l'année où le pont de l'autoroute 25 entre Montréal et Laval a été ouvert à la circulation. C'est aussi l'année où François Legault a fondé la Coalition Avenir Québec (CAQ) après une fusion avec l'ADQ. Plus largement, 2011 c'est l'année du dévastateur tsunami au Japon et du début de la guerre en Syrie.

Dans le monde du numérique, nous sommes un an après le lancement du iPad. En décembre de cette année-là, la tablette numérique faisait une première incursion dans le milieu scolaire en devenant l'outil de travail des enseignants d'un collège privé de Montréal avant de se diffuser dans d'autres établissements.

2011 c'est également l'année de la naissance du site de partage de contenu Pinterest. Ce site, grand babillard d'images, est devenu une référence pour quiconque veut s'initier à un nouveau passe-temps, redécorer une pièce, trouver des idées mode ou de recettes. Pinterest est entrée dans la langue. « Ce soir, j'ai préparé une recette Pinterest », peut-on entendre dire à la blague.

Génération Snapchat


Enfin, 2011 c'est surtout l'apparition de Snapchat, cette application de partage de photos éphémères qui ne durent que quelques secondes. Depuis sa naissance, Snapchat a évolué. On peut maintenant y raconter sa journée ou une histoire grâce aux « stories », des photos qui s'enchaînent et qu'il est possible de visionner durant 24 heures. Cette mise en récit (storytelling en anglais) de notre vie a d'ailleurs été reprise par Facebook et Instagram qui proposent depuis peu cette fonctionnalité à leurs utilisateurs.

Le « storytelling » est désormais un élément prédominant dans le monde de la publicité et du marketing. La disponibilité des outils numériques rend facile la création d'histoires. C'est là, une caractéristique des nouvelles générations d'élèves. Ils s'intéressent de près à cette façon de faire -- de nombreux exemples pullulent sur les réseaux sociaux et Youtube -- et ils sont davantage en mesure de créer leurs propres histoires. Voilà une occasion pour le milieu de l'éducation de récupérer cette tendance pour encourager l'écriture chez les élèves, car une mise en récit implique un cadre, une structure et un propos cohérent.

Snapchat c'est aussi la mise en scène de soi. Le développement des réseaux sociaux a amené l'individu à passer d'un mode spectateur -- que nous étions à l'époque de la télévision -- à un mode d'acteur et de diffuseur avec les réseaux sociaux. Pour l'école, cela change la donne. Les élèves veulent être impliqués dans l'action et ne plus être en mode passif, comme nous l'avons trop été devant la télévision ou dans nos classes. C'est pourquoi, l'école doit offrir un milieu où l'élève peut démontrer et partager ses apprentissages autrement que lors d'un examen. Aujourd'hui, l'élève a les moyens de communiquer avec la planète et de se faire connaître. L'école ne doit plus se faire en vase clos.

Conclusion


Si les élèves qui entrent en première année, n'auront sans doute pas tout de suite de téléphone portable entre les mains (quoiqu'on pourrait être surpris, question de sécurité oblige) pour publier leur vie sur Snapchat, reste qu'ils sont d'une nouvelle génération et déjà bien entourés par les réseaux sociaux et la technologie. La contamination sera rapide, tant ce virus est fulgurant.

Les échanges qu'auront les élèves de cette génération dans la cour de récréation vont sans doute mettre la table à leur utilisation futur quand ils pourront posséder leur propre appareil pour «connecter» avec le reste du monde. Et c'est bien là un des rôles que doit jouer l'école: préparer les jeunes utilisateurs de demain à un usage responsable de ces nouveaux moyens de communication et de collaboration.

Plutôt que d'ignorer ces outils, l'école québécoise a tout à gagner à intégrer dès le primaire ces outils pour mettre en récit des histoires, faire écrire et développer des contenus d'un nouveau genre.

Depuis 2011, la majorité des élèves ont adopté Snapchat, avec parfois des conséquences fâcheuses. Malheureusement, dans beaucoup d'écoles, l'outil est banni et a mauvaise presse alors qu'il pourrait constituer une belle occasion d'ouvrir un nouveau dialogue avec les natifs du numérique.

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