Corée du Nord. Le point sur les tensions avec les États-Unis

Publié par Alexandre Gagné  |  à  4/10/2017 10:36:00 PM Non commenté

Alors que les États-Unis durcissent le ton face à la Corée du Nord, le régime de Pyongyang promet déjà de réagir « à n'importe quel mode de guerre voulue par Washington ». Plus que jamais, une opération militaire américaine apparaît probable dans le nord de la péninsule coréenne. Décryptage.

par Alexandre Gagné

Dimanche 9 avril. Dans une dépêche de l'Agence France-Presse, un proche conseiller du président Trump affirme que le nouvel occupant de la Maison-Blanche veut « étudier toutes les options pour lever la menace ».

Les options, Donald Trump les connait déjà depuis quelques jours. Un document lui a d'ailleurs été présenté par son Cabinet de sécurité nationale avant la visite du président chinois jeudi dernier. Selon NBC News, les États-Unis envisageraient de placer des missiles en Corée du Sud capables de porter une charge nucléaire, dans le but de dissuader Kim Jong-Un.

Si cette stratégie est utilisée, les missiles pourraient être positionnés sur la base aérienne d'Osan, au sud de Séoul. Comme autre plan, Washington envisagerait tout simplement d'éliminer le dirigeant nord-coréen, mais ce plan pourrait se révéler difficile à mener en raison de l'impressionnant réseau de souterrains et de bunker sous la capitale nord-coréenne, selon le Mirror de Londres.

Mais un ancien commandant de l'OTAN croit plutôt qu'une opération d'infiltration dans le pays, menée par des troupes spéciales américaines et sud-coréennes, seraient plus appropriées. Supervisée par la CIA, l'opération viserait à saboter ou faire exploser des infrastructures clés du pays, comme des ponts, pour bloquer tout mouvement de missiles mobiles.

Un porte-avions dans la région


Le porte-avions Carl Vinson
Dimanche, Washington a annoncé l'envoi du porte-avion USS Carl Vinson et de sa flotte au large de la péninsule coréenne. Une annonce aux allures d'opération médiatique car le groupe naval était déjà dans le secteur depuis le mois de janvier pour des manoeuvres de routine. En cas de besoin, par contre, les États-Unis pourraient dépêcher sur place le porte-avions Theodore Roosevelt qui se trouve à la base militaire de San Diego.

++ En savoir plus: Le porte-avions USS Carl Vinson

Après sa rencontre avec son homologue chinois Xi Jingping, le président Trump a déclaré que les États-Unis étaient en mesure « d'agir seuls » pour faire face à la menace nucléaire de la Corée du Nord.

Que fait la Chine ?


En soirée, ce lundi 10 avril, des informations ont commencé à circuler en provenance de la Corée du Sud. Selon le site d'actualités Chosun.com, la Chine aurait commencé à masser quelque 150 000 militaires près de la frontière nord-coréenne. La Chine avait exactement fait la même chose en 2003 pour parer à tout afflux de réfugiés alors qu'une importante famine frappait le pays.

Une vidéo aurait circulé dans la journée montrant les manoeuvres, mais une intervention du gouvernement chinois aurait fait disparaitre la vidéo, selon certains blogues qui suivent la situation de près.

Pour l'heure, la Chine s'est montrée bien peu bavarde et il est fort à parier que Pékin ne va pas s'impliquer dans une éventuellement intervention américaine en raison des liens étroits qu'entretiennent Pyongyang et Pékin.



En Corée du Sud, cette escalade de tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord se retrouve à la Une des journaux de ce mardi 11 avril. La population, bien qu'inquiète, semble prête à accepter la présence de missiles américains, voire de missiles nucléaires, sur son territoire si cela peut permettre de calmer les ardeurs du voisin nord-coréen.

À voir la rapidité avec laquelle le président Trump a agi en Syrie, il faudra suivre de très près la situation car une action militaire contre la Corée du Nord n'est pas exclue. Elle semble même de plus en plus probable.


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